Manawan Atikamekw Iriniw :: La nation Atikamekw de Manawan

Rites et traditions

Le territoire contient également la mémoire des générations antérieures; ces renseignements sont transmis, en langue maternelle, par la tradition orale, l’histoire et les légendes.

Un autre sujet de transmission des connaissances traditionnelles concerne les toponymes du territoire et de leur milieu de vie qui sont très descriptifs.

La majorité de leurs activités traditionnelles nous renseigne aussi sur l’utilisation des ressources naturelles, de leur culture matérielle et de leur mode de vie, autrement dit leur identité.

Groupe des premiers communiants, vers 1969. Au premier plan, à gauche, serait Micheline Petiquay (Élie), future épouse de Jean-Louis Flamand.D’une façon certaine, depuis l’époque du premier contact, tant dans la manière de transcrire les noms (ou prénoms) que dans le contenu des légendes ou dans la description des autres traits culturels propre à eux, les Atikamekw se reconnaissent tout au long de l’histoire depuis les premiers temps de la co-habitation. Par exemple, au sujet de leurs noms de famille et autres patronymes, bien que des changements ou modifications aient été apportés par les missionnaires et autres intervenants de l’époque, les noms des ancêtres y sont relevés.

Avec l’avancée des non autochtones vers leur territoire d’activités et les multiples développements qui ont eu cours, les Atikamekw, de même que toutes les autres nations autochtones, ont dû s’adapter aux contraintes. D’où le fait que certaines nations sont en pourparlers au sujet de leur territoire et de leur autodétermination avec les deux gouvernements.

Note : Les renseignements du contenu ne constituent qu’une partie des caractéristiques de l’homme Atikamekw et de son milieu de vie (territoire). De plus, au risque de porter atteinte à un certain esprit de colonialisme, les mots ou noms étrangers à la langue française (comme le mot Atikamekw) ne s’accordent ni en genre ni en nombre.

Maggie Dubé-Ottawa transportant en tikinakan son fils Maxime Ottawa. Il existe dans la tradition orale Atikamekw (TOA) plusieurs histoires dont, au moins, trois au sujet du début des temps (Nipinatcac, représentant le temps, et Kiwetinisiw l’espace), la deuxième au sujet de l’organisation des éléments de la nature (Légende de Wisaketcakw), et la troisième sur l’ordre des choses ou des éléments après l’avènement d’un déluge (terre, eau, ressources animales, humanité, outils de l’homme). Cette dernière histoire fut racontée, entre autres, à Nicholas Perrot vers 1760 et, encore aujourd’hui, la tradition orale Atikamekw enseigne ces bribes de l’histoire primaire et fondamentale aux jeunes générations.

Au sujet de la tradition orale ou de transmission culturelle des aînés envers les jeunes, un extrait du rapport de la visite des aînés de Manawan aux musées ; «…il faut qu’ils puissent voir et toucher les objets d’enseignement, comme dans le cas des ressources (panier ou canot d’écorce) dont la qualité a subi des changements au fil des années à raison, entre autres, de la pollution.» Transmettre, par la tradition orale, l’histoire et les connaissances, c’est assurer un lien avec le passé qui soutiendra le jeune dans sa vie d’aujourd’hui tout en l’aidant au niveau des perspectives.

Légende atikamekw sur la création de la Terre et l’expansion du territoire

(transcription à partir du film Le printemps)

Tout n’était que de l’eau avant que la Terre ne soit créée. Les animaux vivaient sur un radeau. Le Grand Lièvre était leur chef.

Un jour, les animaux dirent au castor « plonge, ramène un peu de terre, même juste un grain de sable pour commencer ». Le castor plonge longtemps, revient à moitié mort, sans rien. La loutre fait la même chose, même résultat. À la risée de tous, le rat-musqué se propose, plonge, revient à la surface, le lendemain, le ventre en l’air, un grain de sable entre les griffes.

Le grain grandit, le Grand Lièvre tourne autour, la petite terre grossit. Quand elle est devenue très grande, le renard la visite et la déclare parfaite. Le Grand Lièvre n’est pas d’accord. Il est toujours au centre de la terre à la piétiner pour qu’elle grandisse encore et toujours. On peut l’entendre quand on descend dans les cavernes.

Les animaux partent un bon matin pour habiter cette terre. Beaucoup meurent en cherchant leur territoire. C’est le Grand Lièvre qui, du cadavre de ces animaux, fait naître les Hommes. L’ours donne des hommes au clan de l’ours; le renard au clan du renard, le chevreuil au clan du chevreuil.

Et ainsi de suite…

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