Manawan Atikamekw Iriniw :: La nation Atikamekw de Manawan

Raisons de la demande

Vue de Manawan vers la fin des années 1960Au début du XXième siècle, les Atikamekw commencèrent à éprouver des difficultés insurmontables sur leur territoire de chasse.  Les animaux disparus, la forêt brûlée et dévastée par la construction du chemin de fer, de vastes territoires inondés par des barrages, les concessions de coupe de bois… toutes ces activités incessantes et toujours croissantes des compagnies mirent les Atikamekw dans une situation de misère…

C’est dans ce contexte que fût fondé Manawan.  À cette époque, le territoire entourant Weymontachie était exploité par des compagnies forestières et ces compagnies commençaient à inspecter le bois dans la région de Manawan.  Kitciko Kawasiketc rencontre l’un de ces contracteurs.  On lui demande alors s’il accepterait de faire un tracé de chemin de bois.  On lui dit que ce n’est pas nécessaire que le chemin passe tout le temps dans le bois, car c’est un chemin pour l’hiver, afin de permettre au contracteur de pouvoir s’approvisionner en nourriture et de pouvoir transporter ses outils pour la coupe de bois. C’est ainsi que Kitciko s’exécute et fait un tracé de chemin qui relie la région à St-Michel des Saints «Matawak».  La compagnie devait alors s’installer à Metapeckeka et en plus d’avoir ses hommes, dû engager quelques atikamekw pour la coupe du bois et pour le flottage des billots sur la rivière Manawan.  Kitciko alla chercher son genre Louis Néwashish qui était à la rivière «Witigo» (aujourd’hui Dam A) pour qu’il puisse travailler à la coupe du bois. 

C’était durant l’hiver et Kitciko parti en traîneau tiré par des chevaux vers le campement de son gendre Louis.  Lorsque les autres familles, Nipinatcac et Kawaasiketc entendirent parler de cela,  ils vinrent rejoindre le groupe afin de travailler avec eux.  Ils devaient travailler durant l’hiver et en été.  La compagnie de bois fournissait les outils nécessaires, la hache, la scie, les chevaux et les traîneaux pour le transport du bois vers la rivière.  Durant l’été, c’était le flottage du bois sur la rivière, il y avait un bateau avec grande roue dans laquelle deux chevaux étaient installés pour faire tourner la roue et ainsi faire avancer le bateau remplie de bois.  Ils devaient se rendre jusqu’aux endroits où le courant était assez fort pour faire le flottage (la drave). 

 La compagnie forestière s’installa à Metapeckeka.  Des bûcherons blancs y travaillaient et la compagnie engagea également quelques atikamekw.  La chasse devenant à chaque saison de plus en plus mauvaise, le gibier plus rare et la forêt dévastée… Les Atikamekw durent s’engager à couper le bois de leur territoire pour subvenir aux besoins de leur famille.

Les familles devinrent de moins en moins nomades.  Ils construisirent leurs propres maisons en bois équarris.  Les maisons s’élevèrent un peu partout, éparpillées ici et là en face du lac Metapeckeka.  Ils pouvaient quand même aller chasser dans leur territoire de chasse de temps à autres.  Les familles devinrent plus nombreuses et quelques une travaillaient à la coupe du bois et d’autres continuaient à chasser et à visiter leur ligne de trappe.

Vue du chemin de la Baie Tikenne, Manawan vers 1968.Finalement le 29 août 1906, le gouvernement accéda aux demandes des Atikamekw de Manawan, après des années de correspondance suivis de nombreux voyages (en canot d'écorce de bouleau) à Ottawa et de longues négociations.  Le chef Louis Newashish était accompagné par ses interprètes Joseph Dubé (en français) et Jimmy Moar (en anglais) pour l’obtention de la réserve.  Malgré les aspects de sédentarisation qui se développaient progressivement, les Atikamekw ne cessèrent pas de chasser.  Ceux qui travaillaient pour les compagnies forestières étaient relativement peu nombreux et la majorité n’avait que la chasse comme unique moyen de subsistance.

Certes les choses avaient changées, mais la façon de chasser ne différait pas tellement de celle de leurs aïeuls.

Les périodes où ils partaient chasser pouvaient s’échelonner sur deux mois.  Ils partaient à l’approche de l’automne et revenaient pour la période des fêtes.  Cette rencontre donnait lieu à des festivités et le missionnaire en profitait pour prêcher, baptiser, marier…  ils repartaient ensuite et ne revenait à Manawan que vers la fin avril.  Les bagages étaient peu nombreux et peu encombrants, les provisions étaient réduites au strict nécessaire, ils n’emportaient que de la farine, du sel, de la graisse, du thé et de la poudre à pâte, sachant très bien que les produits de leur chasse suffiraient à les nourrir.

Très souvent, il n’y avait que le chef de clan qui possédait un fusil, les jeunes chasseurs et les enfants chassaient avec des bâtons, des tire-roches ou des arcs.

C’est donc ainsi qu’ils ont décidé de s’installer à Metapeckeka de façon un peu plus permanente.  Avec l’aide la compagnie, ils construisirent quelques maisons en bois rond et un jour, les chefs de clan décidèrent de s’organiser et d’élire un chef pour tout le groupe qui était là.  Kitciko fût élu le premier chef de Metapeckeka.

Durant l’été, alors que tout le monde était là, ils se réunissaient et discutaient de ce qu’ils allaient faire.  Ce n’était plus nécessaire d’aller au Grand rassemblement à Weymontachie puisque Metapeckeka devint un centre de rencontre.  Quelques-uns pouvaient quand même y aller mais Metapeckeka restait quand même un endroit pour les rencontres d’été et pour la vente des fourrures, parce que entre temps, la Hudson’s Bay co vint s’installer à son tour dans la région.  D’autres groupes d’indiens arrivèrent des régions plus au Nord comme la famille Quitich.  Lorsque le grand chef Kitciko se rendit compte de cela, il décida de rassembler son monde et de procéder à la nouvelle répartition des territoires de chasse. 

Il proposa que les territoires de chasse restent tels quels pour les six premières familles, mais que al région immédiate, autour de Metapeckeka serait léguée aux nouveaux arrivants.  Il s’agissait donc de délimiter ce territoire, on proposa qu’on se base sur les montagnes les plus importantes de la région.  C’est ainsi qu’ils déclarèrent neutre, le territoire de chasse situé entre les montagnes suivantes : ka-oskiwnatinak, mont Sosikinikak, montagne du lac morialice, montagne du lac teton, de la baie tikenne et des deux montagnes (ka nicotinak).  «C’est ce territoire, à l’intérieur des points donnés que nous déclarons neutre» dit-il.  C’est à dire que ceux qui n’ont pas de territoire propre, ainsi que ceux qui ne peuvent plus aller sur leur territoire au loin, ils pourront désormais aller chasser dans ces territoires.

Gilles Ottawa : Raisons de la demande

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